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03 octobre 2007

99 francs : Tout ça pour ça ?

medium_couv99F.jpgOui, vous ne rêvez pas, c’est bien la couv du livre et pas l’affiche du film, une façon polie de vous dire que j’ai préféré le bouquin.
Après l’Amour dure 3 ans, et avant Windows on the World, 99F est l’un de mes livres préférés de Frédéric Beigbeder et l’un de mes romans préférés tout court.
Un seul reproche au bouquin : la fin part en sucette et n’est pas à la hauteur du reste du roman, mais vu le talent, je pardonne…

J’en profite pour vous rassurer et vous éclabousser avec ma life (cf. les mails reçus suite à mon post sur la semaine de 4 jours) : oui, j’ai le temps d’aller au cinéma, un truc de dingue….


Nos sorties sont possibles grâce à mes super voisins de la rue Gamma. Non, pas de boucher tout taché (rapport à cette célèbre pub qui a bercé mon enfance), mais une cité et sa dalle au bout de la rue, des vamps en mi-bas et Marie-Charlotte avec qui j’échange le PQ, la tondeuse, les joies-peines de la traversée du périf’ et les babyphone pour veiller sur nos têtes Blondes. Et oui, mon coin de 9cube, ce n'est pas Wisteria lane et je ne suis pas desperate...

Ce que je n’ai pas aimé dans le film 99 francs ?
Trop de scènes de bad trip de drogues et autres trashitudes parfois superflues, et pas assez de tranches de vie du monde merveilleux de la pub.
D’ailleurs, la grande salle du Mégarama de Villeneuve-la-Garenne (trop glamour comme endroit…mais parking facile et gratuit) était remplie au quart (histoire de ne pas écrire vide au ¾, question de points de vue, comme dirait la pub HSBC).

Depuis 7 ans (date de sortie du livre) l’adaptation s’est « cherchée ». Il y a d’abord eu une pièce de théâtre que j’ai eu la chance d’aller voir (stoppée au bout de 2 semaines parce que l’éditeur avait vendu les droits pour un film).
L’adaptation théâtrale était intéressante: le monologue d’un concepteur-rédacteur d’agence de pub qui raconte son quotidien, entre 4 murs. Le même acteur-narrateur endossait tour à tour chacun des personnages (le commercial, le pdg, le client…). Peu à peu il « vomit » sur la société qui le fait vivre.
A la fin, on comprend qu’il est en prison tellement, il est allé loin dans le rejet du système qu’il avait pourtant largement contribué à entretenir.
Ensuite, il y eu des bruits sur un film avec Edouard Baer dans le rôle d’Octave le concepteur-rédacteur roi de la pub, plutôt façon comédie.
J’imaginais d’ailleurs à l’époque un film dans la même veine que « La vérité si je mens » : de la caricature, de l’humour. En langage com’ on dirait « de la proximité complice », pour dévoiler l’envers et les travers du métier de publicitaire et d’annonceur (annonceur = client, càd les marques qui achètent les pubs aux agences).

La pub, c’est un univers paillettes, décalé, parfois marginal pour la plupart des gens mais pas angioxène comme le parti-pris scénique de Jan Kounen pour sa version de 99F.
Le style Kounen est original, mais à mon sens tombe dans ce que la pub peut faire d’excessif : on se fait plaisir avec des digressions créatives, parfois ultra perchées et souvent gratuitement décalées. On oublie la-les cibles (les consommateurs potentiels dont la fameuse ménagère de moins de 50 ans à qui l’on est censé faire prendre conscience de la face cachée de la pub) pour se concentrer sur le prix à Cannes.
Prix à Cannes, lui-même pas toujours raccord avec le nombre d'entrées en salles (Cannes film) ou de ventes de produits (Cannes pub), c'est à dire le baromètre de la  "vraie vie"... Mais, faut-il toujours montrer la "vraie vie" sur les écrans de télé ou de ciné ? That is THE question...

Ce que j’ai aimé dans le film 99 F ?

La grande qualité d’interprétations des acteurs : Jean Dujardin dans le rôle principal, Jocelyn Quivrin dans celui du Directeur artistique. J’ai retrouvé avec plaisir cet acteur découvert dans la série Rastignac, librement adaptée de Balzac ; trash aussi à l’époque mais avec plus de « dignité » que Kounen dans 99F. N’oublions pas aussi Jeff le commercial, hyper bien joué et les sublimes femmes qui subissent le machisme ambiant : Vahina Giocante et Elisa Tovati.

Une réflexion me taraudait avant d’aller voir le film : 99 francs, ça ne fait pas un peu hasbeen comme nom ? 15 euros 09, personne n’aurait compris.
99 francs, est devenu une marque, intemporelle, celle d’un ex-pubard qui décrit-détruit le système de l’intérieur.
1984 était un livre d’anticipation-constat d’une époque, et l’on ne l’a jamais rebaptisé ;-))

Même si des choses ont changé dans la pub (moins d’excès, plus de taf mais toujours autant de pressions), le fond de l’histoire est là.
Pour travailler et vivre au plus près de cet univers, je reconnais, avec plaisir, ses frustrations, joies et espoirs dans le livre et certaines scènes du film.
CB news, l’un des hebdo consacrés au business de la com’, le dit d’ailleurs bcp mieux que moi « À la sortie du livre, nous avions réagi positivement à l’égard d’un pamphlet certes caricatural, mais dont on avait estimé qu’il faisait réfléchir et qu’il décrivait malgré tout une certaine réalité. Nous en avions déduit qu’il fallait peut-être haïr la pub pour mieux l’aimer…La caricature est nécessaire pour prendre conscience, pour se poser par moments des bonnes questions.
»

La vidéo interview, de Beigbeder et Kounen par CB News, ouvre le débat :




Et vous, vous en pensez quoi du film 99F en particulier, et de la pub en général ?


© rédactionnel ZoraLaRousse93



Webographie

- CB news, édito C.Blachas : Sans liberté de haïr, il n’est pas d’amour flatteur.

- Ciao, la communauté shopping, avis argumenté de Boubinette2 : 99F, le film à 2 balles.

- 99 Francs, le pitch de comme au cinéma.com
Octave est le maître du monde : il exerce la profession de concepteur-rédacteur dans l’agence de publicité Ross & Witchcraft, surnommée La Ross.
« Octave décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, l’homme est un produit comme les autres ». Octave est couvert d’argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.
Des événements vont bouleverser le cours de sa vie. Son histoire d’amour avec Sophie, une jolie fille de l’agence, et une réunion chez Madone pour vendre un film de pub à ce géant du produit laitier.
Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l’a créé, en sabotant sa plus grande campagne.
De Paris, où négocient les patrons d’agences, à Miami, où l’on tourne un spot sous antidépresseurs, de Saint-Germain-des-Prés à une île perdue d’Amérique Centrale, Octave parviendra-t-il à échapper à sa prison dorée ?

Commentaires

Le film de Jan Kounen est créatif, Jean Dujardin est excellent, tout comme les seconds rôles. mais le propos est démago : la pub informe, la pub met la pression sur les concurrents, la pub bouge et pulse, elle met de la couleur dans le métro, la pub paye des services qui deviennent gratuits pour le consommateur comme Vélib' à Paris et puis la pub, après tout, est aussi un miroir de la société. Elle répond donc en partie aux attentes d'individus libres et responsables. La pub destinée aux enfants me met plus mal à l'aise pour cette raison.

Etrangement, Jan Kounen et Frédéric Beigbeder sont des fous de pub eux-mêmes. Mais ils en apprécient surtout la créativité. Libre à eux. Pour cette raison, je crois que le sujet traite surtout des rapports humains et de l'esprit trop conventionnel en France (notamment dans l'attaque sanglante contre Danone). En fait, à lire les interviews de Beigbeder et de Kounen, ils se font tout simplement chier dans une France trop figée, trop molle pour eux.

Allez, je mets mon lien :
http://aurel.hautetfort.com/archive/2007/10/05/99f-l-histoire-d-un-cocainomane-croque-par-un-bouffeur-de-ch.html

Écrit par : Aurel | 06 octobre 2007

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