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22 décembre 2007

Schengen : espace de la liberté !

f7618779bd27d3fbb2866d368737ea62.pngDepuis hier soir 0h01, les frontières entre les huit pays d’Europe centrale et orientale (hors Roumanie et Bulgarie) plus Malte et les anciens Etats membres de l’Union européenne sont ouvertes.
Désormais, que ce soit par la route, en bateau ou en train, il est possible de circuler sans présenter son passeport de Tallinn à Lisbonne, de Varsovie à Brest, que l’on soit européen ou non, les contrôles étant effectués à l’extérieur des frontières de « L’Espace Schengen ».

Schengen, c’est aussi le nom d’une chouette chanson de Raphael, en l’honneur du village luxembourgeois où fut signé, en juin 1985, un traité entre l’Allemagne, la France et les trois pays du Benelux visant à supprimer les contrôles frontaliers.
Ces pays ont ainsi contourné le refus britannique d’étendre la liberté de circulation, prévue dans le traité de Rome (mars 1957, naissance de l’Europe), aux simples voyageurs. Pour Londres, cette disposition n’oblige nullement à la suppression des contrôles aux frontières, mais permet simplement aux travailleurs européens de s’installer dans toute l’Europe.



Le principe de la liberté de circulation des personnes implique que tout individu (ressortissant de l’UE ou d’un pays tiers), une fois entré sur le territoire de l’un des pays membres, peut franchir les frontières des autres pays sans subir de contrôles. Pour se déplacer, il n’a plus besoin de passeport et, par exemple, les vols entre destinations de l’espace Schengen sont considérés comme des vols intérieurs à partir de mars 2008.

Un État ne peut rétablir les contrôles qu’en cas d’atteinte à l’ordre public ou à la sécurité nationale et après consultation des autres États du groupe Schengen. En revanche, les contrôles aux frontières extérieures de l’espace Schengen sont renforcés par :

- le développement de la coopération judiciaire et policière avec la création du SIS (Système d’information Schengen), fichier commun informatisé fournissant le signalement des personnes recherchées pour arrestation et des véhicules ou objets volés ;
 - la mise en place de règles communes en matière de conditions d’entrée et de visa pour de courts séjour, de traitement des demandes d’asile ;
- le maintien de contrôles volants effectués par les autorités de police ou les douanes pour lutter contre le terrorisme et le développement de la criminalité organisée.

« La suppression des frontières internes de l’Union représente une chance pour ceux qui vivent, circulent et font des affaires en Europe », s’est félicité le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Pour le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, « c’est le signe visible que les anciennes divisions de l’Europe, les frontières qui divisent les pays et les esprits sont dépassées ».

Des barrières et des panneaux installés aux frontières de la Pologne et devenus inutiles depuis vendredi, ont été mis aux enchères au profit des réfugiés : au total une trentaine d'objets mis en vente. Le prix minimum d'un objet a été fixé à 300 PLN (83 euros).`

Je préfère vous le dire tout de suite : mon morceau de mur de Berlin, que ma meilleure amie a été prélever exeuprès pour moi le 11 novembre 1989, je me le garde.
Peut-être qu’un jour vous retrouverez un morceau de barrière polonaise « Le commandant des gardes-frontières reçoit les plaintes et les demandes le lundi de 13h à 17h », ou « Frontière d'Etat, passage interdit » aux Puces de Paris-Saint-Ouen, mais mon morceau de mur, ça jamais !

8b04697b1ae30e633927dee2e1698ae3.jpgBlague à part, toute ma vie je remercierai mon professeur d’allemand de nous avoir emmené à Berlin en 1987 pour les 750 ans de la ville. Je garde dans un coin de ma mémoire ce matin de novembre où la seconde 8 a pris le train.
Au passage de la frontière, les policiers de RDA sont montés faire une inspection, j’ai vue des lumières dans leurs yeux quand ils ont demandé à écouter les musiques de nos walkman. J’aurai peine à vous décrire la tête du jeune soldat en écoutant Madonna « Like a virgin » paré de mon casque sur ses oreilles.
Quelques heures plus tard, après avoir franchi le poste-frontière de la station de métro Friedrichstrasse, observé les miroirs à 360°, puis gravi les marches des « belvédère » et compter les croix sur le cimetierre des passages ratés, la seconde 8 ne disait plus un mot.
De la buée dans les regards, y compris des plus machos, un silence enveloppant qui valait toutes les leçons d’histoire.
Ce jour là, j’ai compris les livres de Soljénitsyne dans la bibliothèque d’Anna, ma grand-mère, le samovar qui ne chante plus depuis sa révolution de 1917.

Depuis hier matin, quelques 400 millions d’Européens partagent donc le même espace de libre circulation, regroupant 24 pays autrefois répartis des deux côtés du rideau de fer.
Soixante-deux après la fin de la seconde guerre mondiale et la division de l'Europe en deux blocs, 18 ans après la chute du mur de Berlin, l'Europe de Schengen a brisé les derniers tabous en s'ouvrant à neuf pays, pour la plupart anciens satellites soviétiques -- Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie -- mais aussi île de Malte.
« C'est un jour historique », a affirmé Mme Merkel qui a grandi dans l'ex-RDA. « La liberté de pouvoir voyager dans 24 pays sans avoir à montrer de passeports (...) ceux parmi nous qui sommes un peu plus âgés savent que ce n'est pas une liberté évidente ».

L’occasion de vous recommander la (re)lecture de « Léon Blum et le oui à l’Eiurope, un article écrit par Jorge Semprun pour le NouvelObs, écrivain lui-même ex-détenu des camps nazis et auteur notamment du superbe « l’écriture ou la vie ».

La liberté de vivre dans l’Espace Schengen, la chance d’être européen, c’est aussi ne pas oublier Ingrid Betancourt, retenue en otage en Colombie.

La Franco-colombienne est l'otage des FARC depuis presque six ans. Les dernières images obtenues d'elle le 30 novembre dernier ont rappelé au monde entier l'urgence que constitue sa libération. Lueur d'espoir, la guerilla marxiste aurait décidé de libérer trois de ses otages dont Clara Rojas, l'assistante d'Ingrid Betancourt.
Europe 1, RFI et TV5 Monde se sont associés pour proposer une journée spéciale, le mercredi 19 décembre, baptisée "les Français soutiennent Ingrid Betancourt".
Pour agir : signez la pétition qui exige la libération d'Ingrid Betancourt.

Des murs de préjugés, des murs de la honte... il en reste encore à abattre parfois pas si loin de l’espace Schengen : à Belfast, entre Flamands et wallons, à Jérusalem, en Corée... entre les banlieue-s et la France ?

© rédactionnel ZoraLaRousse93


Webographie

Documentation française : Qu’est-ce que l’Espace Schengen ?

Le Figaro.fr, 20 dec 07 : L’Europe centrale entre dans l’espace Schengen.

Libération.fr, 21 dec 07 : Cette nuit, l’espace Schengen s’est élargi à vingt-quatre pays.

Courrier International.com
, 20 dec 07 : Querelle de clochers sur fond d'élargissement.

Le magazine Elle soutient Ingrid Bétancourt. 

Agoravox.fr, 9 juillet 07 : pourquoi l'Europe politique et fédérale est-elle nécessaire ?

Commentaires

C'est vrai que l'époque du mur , c'était quelque chose.... je me souviens de mon prof d'allemand qui nous expliquait que la réunification était inéluctable quand j'étais en 1ère ... quelques années avant qu'elle n'arrive.
Les récits aussi, d'un oncle de mon beau-frère qui avait fui la pologne communiste à pied en laissant son frère et sa mère derrière lui ... et qui n' a revu son frère que de nombreuses années plus tard, sa mère étant décédée avant... tant de drames humains.

Écrit par : minimoi | 22 décembre 2007

Oui, c'est un jour historique, car voir des pays de l'ex Empire Soviétique intégraient l'UE puis l'espace Shengen est un sacré évenement !!!
Malheureusement, cela a peu d'écho en France, ou depuis le réferendum raté de la Constitution Européenne de 2005, tout ce qui touche à l'Europe est un peu tabou ou vécu comme une perte d'identité et une contrainte.
Pourtant pour des générations qui ont connu la guerre froide, c'est historique !
L'Europe est en marche (n'en déplaise à Monsieur Mélanchon, sénateur PS, qui dans un reportage d'Envoyé Spécial en 2005, disait à une personne dans le RER C : "mais qu'est ce que tu en a à foutre des Lithuaniens ? tu en connais toi des Lithuaniens ? descends de ton arbre et viens dans la vrai vie...").
Oui l'Europe est en marche, et Cédric Klapish va devoir refaire l'Auberge Espagnole mais en trouvant des polonais, des hongrois, des roumains....

Écrit par : Capitaine Flam | 22 janvier 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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