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05 avril 2008

Fnac banlieue, tout un concept…

5d867864a8d9f52a5efe1fc4b66bf544.jpgC’est un jour gris des vacances scolaires, Fifi Brindacier me harcèle depuis des semaines pour aller dans LA boutique de jouets du centre commercial d’à-côté repérer le cadeau idéal pour ses 6 printemps. Picwic, ce paradis du jouet, ses copines de l’école ZEP n’arrêtent pas de lui en parler.

Moi, la fille de la ville, droguée aux balades urbaines et autres faufilages dans les ruelles, condamnée à déambuler dans un vulgaire centre commercial sans façade à admirer, recoins à explorer ?
Je finis par céder, parce que Fifi adore faire comme ses copines et leur raconter après. Se sentir comme les autres, n’est-ce pas un peu ça s’intégrer ?
J’avoue aussi, être agitée par la curiosité : l’une de mes brèves de trottoir de quartier, m’a appris qu’un FNAC d’un nouveau genre s’est ouvert juste à côté, un FNAC Périphérie.


Je l’avais déjà lu dans les newsletter marketing auxquelles je suis abonnée en ma qualité de fille de pub diplômé es stratégies de marques, et j’avais (mal) compris que ce concept s’adressait uniquement aux périphéries des villes de province.

Morceaux choisis :
« La filiale du Groupe PPR vient d'annoncer l'ouverture le 30 novembre 2007 prochain de quatre nouveaux magasins en Ile-de-France. Situés à Villebon (1 830 m2) , Gennevilliers (1 990 m2), Creil (2 000 m2) et Herblay (1 500 m2), ces quatre nouveaux magasins répondent au nouveau format « périphérie » conçu par l'enseigne pour développer son implantation en périphérie des centres urbains. ».
Admirer l’exercice de style… Sur le site officiel de PPR, je vous mets au défi de lire le mot désormais tabou : il commence par un B et fini par un E.

L’enseigne pour passionnés de culture et de technologie, dont on ne vante plus la haute-valeur ajoutée de conseils, au point d’aller de renseigner à la FNAC la plus proche pour ensuite aller acheter chez le discounter d’à-côté une télé à 6 chiffres comme un vulgaire paquet de lessive, quitterait donc les centres villes cossus pour les banlieue popus ? (Zut, j’ai dit le gros mot « statutaire » qui commence par un B).

Incroyable, quand on se souvient qu’il y a une dizaine d’années la FNAC avait échouée à Saint-Denis, à l’endroit même ou son concurrent Virgin vient de reprendre le flambeau sur plus de 1 000 m2. Virgin en centre ville des quartiers popu ouvre à Saint-Denis après Barbès, forcément la FNAC se devait de riposter, elle aussi.

Certains syndicalistes maison, (Sud Fnac, de gauche ?), ne restent pas indifférents et l'expriment presque radicalement sur leur site web : « Le tiers monde social, voilà où se situe Fnac Périphérie, loin des valeurs qui ont fait la singularité de la FNAC. »

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Attention, pas question de détruire de la valeur de marque comme diraient les planer strat, planer stratégique, dans les agences de pub, celui qui réfléchit grâce aux honoraires des annonceurs. Contrairement à Virgin, la FNAC change de tenue pour aller en banlieue, au revoir le marron, l’enseigne encapuche son logo en vert, à l’aide du concept définit par l’agence de design Interbrand.

C’est sympa de penser à faire bosser les agences de com et de design pour imaginer un nouveau concept pour banlieusards à culturer, plus encore, c’est presque du mécénat d’aller porter la bonne parole, là-bas dans l’autre monde... ;-)
J’imagine les brain-storming entre pubeux à coups de méga clichés sur la banlieue.
« Une FNAC low cost pour Kevin et sa mère en jogging qui vont rêver sur leur méga TV écran plat achetée en 30 fois sans frais à 16% de TEG, aux paysages de vacances qu’ils ne connaîtront jamais, en dehors des présentations de lots aux jeux TV.
Des jeux, bien sûr dans le magasin il y en aura un espace tout spécial, parce qu’en dehors de certains best-sellers ou livres pratiques, la culture là-bas, ils ne connaissent pas.  Pour le logo, du vert flashy, ouais c’est à la mode, et puis si la FNAC part en banlieue, c’est pour se mettre au vert, ah ah
. »
Ben oui, on sait tous que dans ces grandes zones minérales, la nature est omniprésente.

D’ailleurs, les articles et autres communiqués de presse expliquent clairement la posture marketing de l’agitateur culturel : « Elles proposeront un rayon produits techniques et un espace gaming.
Il s’agira là d’une nouvelle génération de Fnac, nommée Fnac verte. Une formule qui se veut plus familiale, avec plus d’ordinateurs, de télés et moins de livres
.
Historiquement, la Fnac s’est développée en centre-ville », rappelle Bruno Jallot, directeur du projet périphérie dans Le Parisien.
« Mais ces dernières années, notamment à cause des bouchons, certains clients abandonnaient l’idée de venir jusqu’à nous. » Du coup, c’est la Fnac qui vient à eux. Et tente ainsi de rattraper son retard hors des grandes villes, où elle est concurrencée sur les produits techniques par les Boulanger et autres Darty, mais aussi sur les livres et disques par les hypermarchés. Résultat : en périphérie, « l’agitateur culturel » ne représente que 5 % du marché, alors qu’il en détient un quart en centre-ville. Installées dans des centres commerciaux, les quatre prochaines Fnac vertes reprennent d’ailleurs les locaux de PC City, un concurrent direct qui a mis la clé sous la porte. »

La Fnac doit être partout où ses clients l’attendent, et surtout sans jamais (ou presque) prononcer le mot tabou B- - - - -E.
Après PC City qui a fermé, que vont devenir les
Cultura, Leclerc Espaces culturels et autres Boulanger (courageux) pionniers déjà implantés bien avant les Fnac périphéries ? Et les rares librairies des centre-ville des mêmes banlieues ?
Le lieu du ban déjà coupé de la ville, sera-t-il lui-même condamné à faire son shopping à la périphérie de sa banlieue, au grand dam de la pollution, des bouchons et du développement durable ?

La FNAC périphérie, décidemment ça me cogite et ça se mérite.
Il faut d’abord quitter sa paisible rue pavillonnaire-refuge pour attendre le bus à 3 chiffres, vous savez celui réservé à nous les outres-périphéens.
Oui, tant qu’à adhérer au concept, autant tout de suite adopter le langage : on ne dit plus banlieue, vous l’avez bien compris, c’est trop statutaire, pas assez aspirationnel, un peu comme aveugle, sourd ou bourgeois.
Sachez que je suis moi-même une handicapée du volant, ouh pardon, personne à mobilité réduite, réduite à prendre les transports en commun vu que j’ai raté 5 fois mon permis.

Précision importante : les bus à deux chiffres s’arrêtent juste après le périf, mais se garent bien après, dans des hangars plutôt moches situés en banlieue.
Ne nous plaignons pas, c’est déjà mieux que les bornes Vélib’s installées juste avant, ou parfois vicieusement qui nous narguent juste en-dessous le ruban métallique.
La marche à pieds, l’humour, la voiture aussi n’en déplaise aux écolos, deviennent alors une sorte de pansement à la blessure urbaine.

Les Blondes sont ravies : nous allons faire comme les copines, d’ailleurs c’est la maman de Kevin qui nous a indiqué le bus 166.
L’arrêt est en plein vent, à 100 mètres de la Seine et surtout coincé entre 2 énormes barres grises, trouées de minuscules fenêtres, ponctuées régulièrement d’antennes, tout une parabole sur la banlieue en forme de lieux communs. Une somme d’agressions visuelles à décrire ici, pour moi qui déteste être complice de ces clichés et préfère vous faire rêver aux belles choses de mon coin de banlieue (cf. précédentes chroniques : belles rencontres, promenade dépaysante, etc...).

Quand je pense que nous pourrions être bringbalées en apnée toutes les trois  dans un wagon de la Ligne 13 du métro, direction les beaux quartiers pour cumuler FNAC, Virgin, boutique de jeux et shopping… ;-)
Mes pensées divaguent, et si cette traversée du périf' nous coûtait plus tard les foudres de nos enfants, des heures de séances de psy ? « mais pourquoi vous nous avez élevé là-bas, de l’autre côté, dans l’autre monde ? »  Sans doute un procès direct aux Etats-Unis.

« Maman c’est quoi un FFI ? En tout cas, ses fleurs sont toutes pourries-fanées. »
Perdue dans mes pensées, je ne les avais pas vues s’aventurer plus bas et stopper devant cette plaque commémorative des combats de la Libération. Cette plaque nous rappelle que de tout temps se sont joués ici des joutes majeurs pour la liberté, qu’il s’agisse de démocratie, de territoire ou d’ascenseur social.

Ouf sauvée par le bus.
Ce fameux bus 166 cité dans le Parisien en novembre 2005, comme faisant partie des lignes à risque, infographie couleur à l’appui avec une étoile « point chaud » après le centre commercial des Chanteraines, tout près de la Cité du Luth à Gennevilliers, une ville du 92 qui fait en quelque "tampon" entre le riche 92 et le plus prolétaire 93..

Notre arrivée fait sensation : la famille Ricoré-gauloises blondes, sortie direct d’une pub pour monospace, s’installe sous quelques regards pesants.
Je peux vous l’avouer, seule je n’aurai jamais pris ce bus, mais avec mes Blondes, c’est comme si je me sentais invincible, prête à affronter toutes sortes d’épopées
Ça doit venir des contes russes « si tu veux me revoir, cherche-moi au-delà des vingt-neuf pays, dans le trentième royaume… peut-être tu me retrouveras, pas avant », me lisait ma Babouchka dans la Plume de Finist Fier Faucon.

Franchir un drôle de pont levis appelé péri pas féérique, c’est  traverser les 93 forêts des clichés et les 400 rivières des préjugés. Et ça marche dans les 2 sens. Après quelques tournoiements de têtes dignes d’une finale de Roland Garros, les passagers du bus ont réintégré leurs pensées et nous avec dans leur quotidien un peu bousculé.

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Vu le défilé du paysage, je comprends que leurs regards s’attachent à l’intérieur pour oublier l’extérieur.
Le voyage commence par la traversée de la Seine sur un vieux pont métallique, quasi identique à un pont parisien. Pour une fois qu’un élément architectural est commun… Le paysage lui, nous rappelle que nous sommes sur « un fond de ville » comme disent les urbanistes.
Une zone abandonnée, euh pardon en pleine mutation, un carrefour entre 4 communes qui se disputent des bouts de berges et de Zone d'activités : Saint-Ouen, L'Ile-Saint-Denis, Genevilliers, Villeneuve-La-Garenne.

Des tours par ci, une friche par là, une usine là-bas, la fumée de l’incinérateur au-dessus, au loin dans le brouillard (ou la pollution) les buildings de la Défense. Ironie du sort, les pâtes Panzani (ou du moins une partie) sont fabriquées face à nous, dans cette semoulerie logotypée, plantée sur un côteau de Gennevilliers, face à L’Ile- Saint-Denis.
Il s’en ai passé des guerres ici, urbaines, pas toujours humaines, et ce n’est pas fini...

Nous continuons notre route, entre pants de murs encore recouverts de carrés bigarrés papiers peints qui n’ont pas lu Vénillia et autres traces d’escaliers d’immeubles rasés, hangars métalliques, ancienne ferme squatté et plus loin une église briques-rouges année 30 transformée en restau-bar salle des fêtes. Avis aux amateurs, ce lieu improbable, est à vendre.
Qui sait, dans 10 ans ce sera peut-être une salle de concert hyper branchée pour Créatifs-Culturels ? Oui, dans une prochaine chronique, je vous expliquerai que le Bobo est mort, vive le CC.
Ou peut-être le futur lieu de tournage d’un film sur la fin du monde, après-demain et quelques Césars, nous y organiserons un banlieue-tour ?

D’ailleurs un grand panneau 4 x 3, nous promet des lendemains qui chantent en grandes lettres blanches sur fond de verdure : « ici, la ville ouvre une nouvelle voie ».
Effectivement, entre 2 hangars de tôle blanche, on peut admirer le lisse du goudron fraîchement posé. Voie du progrès économique ? D’une future nouvelle zone industrielle ? Nouvelle voie pour la taxe pro ? Urbanisme, tes voies me sont décidemment parfois impénétrables.

Au milieu de la zone industrielle, à défaut de métro ou de tram réservés aux parigots, plusieurs arrêts de bus desservent ces entrepots.
-    « Dis maman, t’es sûre que c’est par là Picwic ?
-    « Ne t’inquiètes pas, il faut descendre à l’arrêt du parc des Chanteraines et suivre la grande route tout droit », s’empresse gentiment de nous répondre une dame au corps noir de peau comme disait Fifi quand elle était petite.

« Rebâtir des villes qui réconcilient au lieu de diviser », c’était le thème de Ce soir ou jamais, sur France2, la veille de notre sortie. Frédéric Taddéi, son animateur, l’a choisi suite à la publication du Manifeste des architectes.

Engagements sur la mixité sociale, le respect de l’environnement, ainsi qu’un passage qui attire mon attention « Des villes plus belles et plus conviviales ».
Selon Le Manifeste, « Les villes doivent être la fierté de leurs habitants. Pour qu’elles le deviennent ou qu’elles le demeurent, les architectes souhaitent promouvoir une architecture du quotidien, de l’audace et de l’art de vivre. »

Quand j’observe certains alentours de mon coin de 9cube (et d’ailleurs en Gaulle, rassurez-vous, je re-traverse la « zone libre » dans les 2 sens), je me demande bien quelle est cette définition de l’audace et de l’art de vivre pour certains architectes ?
Est-ce la même que celle du HLM vu par un intello de gauche logé dans un hôtel particulier à Saint-Germain des Prés ou encore selon la vision d’un pédégé de Neuilly ?
« L’architecture ne peut sauver le monde, mais elle peut donner le bon exemple », nous promet le manifeste en haut de page. Messieurs, on compte sur vous, y a du taf !
Besoin d’encouragements, d’empathie, de soutien, à quand l’Architecto-urbanistothon ?
Ah pardon, c’est en cours, ça s’appelle le plan espoir banlieue et la politique de la ville, je crois. ;-)

Oui, l’humeur est caustique, c’est qu’il en faut de l’auto-dérision pour marcher le long de cette route impersonnelle.
Une fois descendues du bus, sur le terre-plein central, les voitures vont aussi vite que sur l’avenue Charles de Gaulle à Neuilly, sauf que les immeubles haussmanniens ont été remplacés par… rien ou presque. Du vide avec des panneaux zone d’activités, quelques hangars encore. Même pas de piscine géante moulée, de camping-car accroché en l’air, comme sur les grands axes et autres rocades que l’on traverse parfois sur la route des vacances.

Nous voilà au Centre commercial des Chanteraines.
Du nom du grand parc départemental situé tout près de la Zone d'activités. 63 hectares de verdure,  coincés entre les lignes à haute-tension, la A86 et les couloirs aériens du Bourget. Ne nous plaignons pas de trop, ce parc départemental (merci le 92) dispose notamment d'un centre équestre, d'une fosse de plongée et reste un lieu de verdure accessible en transports en commun (RERC + divers bus à 3 chiffres).

Le centre commercial des Chanteraines, ouvert il y a moins de 2 ans, c'est deux grand bâtiments, chacun avec sa coursive protégée d’un auvent, au milieu les parkings. Le magasin Picwic est agréable, il y en a pour tous les goûts : jeux d’extérieur, poupées, loisirs créatifs… C’est spacieux et bien rangé. Juste à côté, le Cultura. grande librairie, avec un café au fond. Il y a aussi des disques, un rayon papeterie et loisirs créatifs avec ateliers réguliers. Le lieu est chaleureux, sans doute parce que la plupart des produits sont disposés sur des grandes tables qui offrent une vue d’ensemble, de profusion, de couleurs. On dirait presque une grande libraire de province indépendante comme on ne trouve plus à Paris.
Tout au fond, en face, il faut traverser pour y accéder, la fameuse FNAC verte. C’est vrai que dans cet univers gris minéral son logo sort du lot.

L'agitateur culturel s'est agité pour nous donner envie d’acheter, en banlieue.
« Ce nouveau format, baptisé FNAC verte, par contraste avec la FNAC moutarde des centres villes, se veut plus ludique, orienté précisément sur la famille, les enfants, avec une offre de jeux, jouets, produits de détente, loisirs, informatique. Colorées, aérées, lumineuses, les FNAC vertes offrent une circulation facilitée, avec une vision panoramique sur l’ensemble des produits, plus accessibles, pour aussi les manipuler, les essayer. »

bd4615d91f84e76874243835df0874ff.jpgCe nouveau concept, est conçu presque comme un supermarché : les allées sont larges, les consommateurs pourront y pousser leurs Caddies. Les enfants ont leur espace avec petit salon de gros poufs oranges, de quoi soulager les parents parfois débordés par leurs progénitures débordantes. La moquette a changé de couleur, elle est grise, avec un parcours vert qui indique le sens de la visite. Bravo à l’agence Interbrand, les apparences de fraîcheur et gaieté sont là.
Sur le fond, le magasin ressemble plus au croisement d’une parapharmacie et d’un Darty qu’à une librairie, un magasin de jouets et un hyper réunis.
Effectivement tout est en libre-service sur des étagères blanches. Côté jouets, bouquins et CD, ça me fait plutôt l’effet (voulu ?) d’une FNAC du pauvre.
Je regrette l’absence de grandes tables thématiques aux nombreux livres empilés, pas de vendeurs pour me renseigner. Si vous chercher un jouet, je vous invite à le commander directement sur Eveil & jeux, là au moins il y a aura le choix d’un assortiment complet introuvable en FNAC verte. Pour les loisirs créatifs, les conseils en achat de CD et livres,
Cultura fera lui, votre bonheur.

Pour les autres jouets, de marques plus commerciales non vendues chez Eveil et Jeux, qui se veut « plus intello-éducatif », le Picwic d’à côté est bien mieux achalandé. Vous me trouvez lapidaire? Réaliste ? Le tout-en-un, n’est-ce pas parfois, tout en moins bien ?

Je trouve enfin une vendeuse, pendant que mes Blondes testent les poufs orange (je confirme : c’est un bon alibi pour parents shoppeurs) et trouvent « les jouets beaucoup moins bien qu’à Picwic, en plus y a même pas les trucs du catalogue Eveil et Jeux qu’on aime bien.
»
-    « Bonjour, j’ai vu un livre hier soir à la télé, Petit Traité des villes, c’était chez Taddéi. »

M’a-t-elle prise pour une martienne ? Elle, là pour travailler dure à être pauvre, elle, que sa trajectoire sociale a sans doute fait éviter l’époque de la table spéciale Apostrophes à la Libraire de Paris place Clichy ou au Furet du Nord à Lille.
La vendeuse tapote dans l’ordi : « J’en ai 3 en rayon ».
Nous partons sur les étagères blanches, rayon société, 2 fois moins rempli que celui du Cultura d’à-côté qui ose même un rayon banlieue, jamais vu ça avant. Ailleurs il s’appelle urbanisme, société, sociologie

- «Je ne comprends pas, je ne les trouve pas, ça doit être mon collègue qui les a changé de place.» La vendeuse cherche, désespérée, je la rassure.

dc56b0143d8fec05405b592646914ac8.jpg Je récupère mes Blondes, quand tout à coup, mon regard s’arrête sur une meuble bas, un peu à l’écart, comme si on n’avait pas vraiment su où le placer. Trop bas pour la hauteur habituelle du regard.
Le petit traité des villes de Sybille Vincendon, est juste là. Eurêka. Au-dessus, une signalétique importée de la FNAC marron indique : « Le débat du mois », quelle ville pour demain ? 13 ouvrages choisis par nos libraires pour comprendre les débat actuels. »

Des débats-forum gratuits sont organisés à travers différentes FNAC en France, toutefois la caravane des idées ne s’arrêtera pas dans les FNAC verte banlieue. Problème de charte graphique ? De concept marketing ? Erreur de casting ?

Et vous, vous en pensez quoi du commerce de livres et autres objets culturels et poussées urbanistiques en outre-périhérie ?


@ suivre donc...

© rédactionnel Valérie Bernard pour chroniquesmabanlieue.com.


WEBOGRAPHIE

Distrib-news : La FNAC contre-attaque

Parti socialiste, section Montataire, 8 oct 07 :  La Fnac passe au vert pour séduire la banlieue.

Distributique.com, 20 nov 07 : Quatre nouvelles Fnac de périphérie le 30 novembre.

Villeneuve92.com : Le Parc d’activités des Chanteraines, un projet pour relancer l'économie.

L’Expansion.com, 3 mai 07 : La FNAC s’interroge sur son avenir.

Le Monde.fr, 28 nov 07 : La FNAC se met au vert loin des centres-villes.

Les Echos-judiciaires.com : La FNAC s’attaque aux périphéries.

FNAC.com, communiqué de presse du 19 nov 07.

SyndicatSudFnac.org : FNAC périphérie ça fait envie.

Le moniteur-expert.com, 14 mars 08 : Manifeste pour les villes, par l'Ordre des architectes.


Manifeste pour les villes, par l'ordre des architectes.

Commentaires

Je te rejoins à 200%.

je suis en banlieue mais bénéficiaire d'une fnac "marron" ... enfin en théorie. Car si chez moi, tu as bien les petites allées étroites, les tables pour poser les piles de livres qui te sont chères .... ben le choix lui est plus que portion congrue.

A croire que ma fnac a servi à préparer le concept de la fnac verte. Ici, tu as les produits techniques au rez de chaussées avec la part belle aux jeux videos et aux consoles, un rayon disque correct mais aux possibilités d'écoute restreintes (en dehors des disques mis en avant, les codes barres ne marchent quasi jamais ou bien les bornes sont HS) , les vendeurs sont effectivement peu motivés voir carrément pas aimables quand les enfants ont le malheur de feuilleter les livres et se trompent de piles en les rangeant.
Les livres d'ailleurs parlons en : impossible quasiment de trouver le livre que tu cherches, pas grand choix hors les best sellers médiatiques du moment.
Il n'y a que le rayon DVD qui me semble convaincant.

A côté de cela on a pas loin un , non 2 maintenant, cultura où on peut écouter n'importe quel disque, ou on peut aussi se faire conseiller un disque à partir de ceux qu'on recherche . sans compter que les disques mis en avant ne sont pas tous sortis des charts du moment mais bien des coups de coeur du vendeur. j'ai ainsi acheté suite à leur conseil le premier album d'Aldebert bien avant qu'on ne parle de lui cette année et bien avant qu'il ne soit en rayon chez "l'agitateur". Et leur rayon de livres est 4 fois plus achalandé.
Et si tu rajoutes le grand libraire indépendant qu'il nous reste, avec son rayon de livres techniques et scolaires, gérant ses commandes comme un dieu (ce qui n'est pas le cas de ma fnac) et d'excellent conseil en littérature tu auras vite compris où je vais acheter mes lectures et celle des enfants....


bref à un nième supermarché sans âme, je préfère un endroit où la culture ne se résume pas à ce qu'un service marketing a estimé suffisant pour ces "sous-développés" de banlieue. oui on peut vivre dans le 9-1 (dans mon cas) et ne pas limiter ses lectures au lexik des cités ni sa musique au gangsta-rap.

Écrit par : minimoi | 06 avril 2008

Parisienne, je n'ai que l'embarras du choix. Je privilégie la librairie qui est en bas de chez moi. Je peux discuter avec le vendeur et quand il n'a pas ce que je cherche en boutique, il passe commande et me téléphone pour me dire quand c'est arrivé. La Fnac, je n'y vais que pour les CD et de préférence les dimanches pluvieux, mais marron ou pas, ce n'est pas un endroit que j'affectionne, car ç amanque d'humanité. Bref, c'est bon d'avoir le choix et je savoure ce privilège.

Écrit par : Sheily | 06 avril 2008

Le nouveau positionnement de la fnac n'a rien à voir avec la banlieue (parisienne) étant donné qu'elle s'est implantée à Bordeaux et Bayonne.

Un nouveau concept pour la Banlieue ? Pourquoi, il faut adapter l’offre aux banlieusards qui ne seraient pas à la hauteur pour aller dans les fnac de centre ville?

A force d’arguments un peu limite, on se prend les pieds dans le tapi. La banlieue parisienne, c’est ce qui se trouve entre Paris et le Province… donc les fnac de Parly, Créteil, Evry, Boulogne, Vélizy, Cergy, Val d’Europe, ROSNY, Parinord, Noisy le grand ne seraient plus en banlieue ?

En y regardant de plus près, les nouvelles fnac « périphérie » :
• se trouvent entre autres dans des zones de non droits où les enseignes ouvrent illégalement le dimanche,
• ont une offre très limitée par rapport aux fnac traditionnelles, ou une offre très calibrées : les gros titres et les meilleurs ventes du secteurs.

Le vert est une des composantes de la couleur de logo des fnac traditionnelles, c’est à tous les niveaux que la fnac a réduit les choses, les salariés ne bénéficient pas du statut de fnac CODIREP ou fnac Paris ou fnac Relais… quand on veut baisser les coûts pour une meilleure rentabilité, on commence par diminuer la masse salariale. Il ne reste que la convention collective et le code du travail... attention, la direction va s'organiser pour continuer à maitriser la masse salariale.

C’est pour cela que nous invitons les salariés de fnac Périphéries à s’organiser pour revendiquer le même statut que leurs collègues.

FO fnac 91
http://fofnac91.over-blog.com/
fofnac91@yahoo.fr

Écrit par : fo fnac 91 | 07 avril 2008

pour pouvoir faire de la com dans un futur proche , je me fais exploité par la fnac en stage , biensure je suis dans une fnac de centre ville exactement celle de marseille , je precise qu'il y a aussi une fnac en banlieu mais la clientele de la banlieu est plus riche que celle du centre ville , la fnac a reussi a se donné image lisse fesant du mécénat avec un air tres prétencieux reservé au intélectuel et au personne s'interessant a la culture , mais l'interieur de ce reseaux , la fnac c'est le " carrefour " de la culture et de la nouvelle thecnologie
ton article est super mais il y a une erreur la fnac n'est pas une association , le credit a 30 fois sans frais existe pas c du taux d'interet a 16% ce qui est énorme mais bon les pauvres gens que je vois achete de grand écrans et découvriron la vie grace a leur carte qui leur feront payé une télé a 3000€ avec 16% d'interet.
enfin voila la banlieu est un endroit en fait comme un autre ou il y a des l'argents a tiré , c'est malheureux de faire des différence entre banlieu et centre ville .

Écrit par : mortauxjeunes | 07 avril 2008

Pas étonnant que la Fnac tente d'adapter son concept à un monde qu'il ne connaît pas, et où surtout une vraie concurrence existe depuis longtemps.
Car au-delà du sarcasme sur l'exemple d'une entreprise des "beaux quartiers" qui se risque en banlieue, à l'image de Parisiens caricaturaux qui se demandent s'il y a une vie au-delà du périphérique --mis à part le golf du Lys-Chantilly, bien sûr--, je souhaite rappeler que beaucoup d'entreprises, à l'inverse de la Fnac, ont justement défini leur concept sur les habitudes de vie en banlieue. Qui a déjà vu un Cultura en centre-ville ? Ikea est d'ailleurs l'archétype du concept de banlieue --qui rêve de s'installer en centre-ville ou à la périphérie proche, comme expliqué il y a un an par le P-DG d'Ikea France dans une interview à LSA.
Boulanger, Gémo, Ikea, Cultura, les hypermarchés, de plus en plus de multiplexes de cinéma, tous ces concepts qu'on retrouve en périphérie, uniquement accessibles en voitures, n'ont pas attendu que la Fnac fasse évoluer son concept pour appréhender économiquement la fameuse b......e.Et Cultura est bien la preuve qu'on peut proposer une offre culturelle valable sans s'arrêter aux clichés dont la Fnac semble s'être abreuvé.

Sinon, j'ai beaucoup aimé la description de la découverte de la zone industrielle Gennevillers-Villeneuve. Pour la clarté de la lecture, il aurait peut-être fallu rappeler que vous veniez de passer la frontière du 9-3 et naviguiez dans la "boucle nord" du département des Hauts-de-Seine. Pour avoir compulsé les projets tant du département que de la région sur ce coin, je peux dire que la région s'attend à une densification résidentielle de ce no-man's-land (mais à suffisamment long terme pour ne rien prévoir de concret, et surtout pas des financements --ou la prolongation de la ligne 4). Le département du 92 quant à lui privilégie le tracé d'une ligne verte le long de la Seine. A suivre.

NB.1 : Panzani n'est plus sur l'ïle St Denis, mais déjà à Gennevilliers
NB.2 : Pour avoir découvert le parc des Chanteraines il y a quelques mois, j'aurais plaisir à échanger/compléter un futur post sur le sujet. Il s'agit du plus grand espace de verdure à disposition des audonniens à moins de 10 min. de la ville (du nord, au moins) --mais coincé entre une boucle de l'A86, les pylônes à haute tension et les avions vers le Bourget (ou Roissy).

Écrit par : Bruno | 07 avril 2008

Bonjour, je suis une amie de François Lamotte qui m'a raconté (à peine) l'histoire de ton (super) blog. Je viens juste d'en créer un, dans un tout autre style ( qui démarre plutôt bien) et je serais super gourmande de conseils pour le faire connaitre... si tu as quelques instants dans ta vie de blogueuse débordée tu peux m'envoyer un mail directement à partir de mon blog... j'en serai ravie Merci...Françoize

Écrit par : La minuscule exposition | 07 avril 2008

Coucou ! Tu m'as dit que tu serais là au festival de Romans... On est en train d'organiser un déjeuner samedi midi (13h) entre blogueurs, au resto La Raviole gourmande (25€ le menu complet, spécialités locales). Ca te tente ? Réponds-moi par ici blabla@juliebricole.fr Merci et à bientôt !

Écrit par : Julie | 16 avril 2008

Salut, j'adore tes articles, songes a écrire un livre ca promet !

Écrit par : Rudy | 10 octobre 2008

Beaucoup de bétises dans ce texte inter-minable !
Il faudrait effectivement un roman pour l'écrire et une encyclopédie pour répondre à toutes les erreurs d'interprétations...

Personnellement, j'ai déjà perdu suffisament de temps à commencer à le lire et à dire ce que j'en pense...

Écrit par : Rachid | 03 novembre 2010

J'ai énormément apprécié ta façon de rédiger, je voulais te féliciter. Appréciable en ce dimanche. Il est temps d'aller parcourir tes autres post. Les suivant sont ils aussi bons ? :D Je ne doute pas une seconde ;

Écrit par : Modern | 30 octobre 2011

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