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09 juin 2008

Le maire de Paris « exporte » ses m2 dans le 9cube…

821896186.JPGCe 9 juin 2008 est un grand jour : le maire de Paris himself s’est déplacé dans mon coin de 9cube.

Bertrand Delanoé est venu signer avec Jacqueline Rouillon (maire de Saint-Ouen), une déclaration de partenariat, dont la première traduction est un protocole foncier entre Paris et Saint-Ouen, en vue de la construction de 1 300 logements dans le futur quartier des Docks.
La Ville de Paris, avec Nexity, Alstom-Areva, RFF et Total, fait en effet partie des propriétaires fonciers
(Docks_Proprietes.pdf) des terrains des Docks.

Ce protocole et cette visite, suivie par de nombreux journalistes, c’est un coup de projecteur pour le futur quartier des Docks de Saint-Ouen, qui jusqu’ici a suscité beaucoup moins de bruits médiatiques et de considérations politico-étatiques, que sa voisine la ZAC des Batignolles, pourtant 2 fois plus petite (40 hectares contre 100 pour les Docks).

Dommage, quand on sait que l’urbanisme, notamment au vue des erreurs des années 60, peut faire ou défaire notre cadre de vie et coûter ensuite relativement cher à la collectivité.

226152654.2.png Les Docks de Saint-Ouen, ce sont 100 hectares de friche industrielle à reconvertir, stratégiquement situés en bords de Seine, aux confluents des 92, 93 et 75, à mi-chemin de Roissy-CDG et de la Défense, à 15 min de métro de Saint-Lazare, mais aussi aux pieds de l’incinérateur de déchets (cf. chronique Fabrique de nuages… toxiques ?) et sur d’anciens terrains pollués par un siècle d’industrialisation intensive.

Cette signature en particulier, et le projet des Docks en général, soulèvent différentes interrogations à nous les riverains, mais concernent aussi l’amélioration du cadre de vie de nombreux « métros-parisiens » :


1076346701.jpg- Quelles actions concrètes pour améliorer les relations Paris-Banlieues, plus globalement quelle gouvernance métropolitaine pour entreprendre des actions communes visant à améliorer logement, transports et développement économique ?
Si l'histoire des relations Paris-Banlieues vous intéresse, je vous recommande au passage cet ouvrage collectif paru aux éditions Créaphis : Paris/banlieues, conflits et solidarités. Ce livre se présente comme un outil, « une historiographie, anthologie et chronologie » sur les rapports de Paris avec sa/ses banlieues de 1788 à 2006.

- La ville de Paris va-t-elle continuer à « exporter ses pauvres » en banlieue comme elle l’a déjà fait par le passé (cf. la Cité des 4 000 à La Courneuve par exemple) dans des territoires où la mixité sociale n’existe pas (encore) ? Paris va-t-elle devenir une ville réservée
« aux riches » ? Où saura-t-elle créer les conditions d'un evraie mixité sociale ?
1084617506.png
- La naissance de ce nouveau quartier à Saint-Ouen va-t-elle résoudre le problème de saturation de la ligne 13 qui concerne aussi bien Paris, qu’Asnières, Gennevilliers, ou Saint-Denis, eux-mêmes acceuillant déjà de nombreux nouveaux habitants dans leurs actuels projets d’urbanisme ?

- Comment mieux impliquer les citoyens dans les phases de concertation d’un projet d’urbanisme de cette ampleur (100 Ha à reconvertir) ?
- Pourquoi la majorité municipale n’a-t-elle pas opéré de concours d’architecture pour la définition du schéma directeur d’aménagement du nouveau quartier Docks, plutôt que nous offrir la vision
« unique» de la supervision du projet par l'architecte Makan Rafadtjou ?

1141027696.png- Quels risques sanitaires pour les futurs habitants, salariés ou résidents sur des terrains pollués par des rejets industriels et des usines de traitement des déchets pendant plus d’un siècle ?
Rappelons que la première broyeuse
de « traitement des boues et immondices » a été installée en 1896 dans les Docks de Saint-Ouen, comme nous le rappelle Dangereux, incommodes et insalubres paysages industriels en banlieue, publié en 2004, qui traite de Saint-Ouen, mais aussi Ivry, Issy-les-Moulineaux ou Pantin.

- Comment savoir si nos édiles et autres politiques prendront les mesures qui feront de ce quartier un « modèle » d’urbanisme respectueux de la mixité sociale et des activités, de l’environnement, pour nous-même et pour les générations futures ?

Avertissement : cette chronique n’a pas la prétention de livrer toutes les réponses, toutefois j’espère qu’elle permettra d’engager débats et échanges.

2061085219.JPG Ce lundi à 11h30 Bertrand Delanoé est arrivé pile à l’heure prévue sur l’invitation.
Les galères en ligne 13, les Vélib’ qui s’arrêtent sous le périf’ et les couloirs de bus qui bouchonnent, ce n’est pas pour lui.

Oui, je suis blogueuse pas journaliste, j’peux être caustique ;-)

En revanche, dès son arrivée dans le parc du Château (oui, il y a un château à Saint-Ouen dans le 93, voir ici pour l’historique), Bertrand semble ravi du paysage. Il est notamment accompagné de Anne Hidalgo sa première adjointe, en charge de l'urbanisme.
Un grand événement attendu pour L’Audonie. De nombreux élus du conseil municipal de Saint-Ouen sont présents, le député Bruno Le Roux, ainsi qu’une ribambelle de photographes : ça crépite et ça se bouscule

Les Docks, c’est en effet à la fois l’arlésienne de la mairie de Saint-Ouen et de la mairie de Paris (propriétaire de 10 hectares).
979738690.png
Le morceau de terrain de tous les possibles, de tous les symboles, le plat électoral idéal, cuisinable à toutes les sauces pour résoudre tous les maux :
- la pénurie de logements, avec 4 000 logements neufs programmés dont 40% de logements sociaux (335 000 m2) pour 9 200 nouveaux habitants.
- Acceuillir 10 000 nouveaux emplois (292 000 m2 d’activités) et des commerces (35 000 m2)
- 27 000 m2 d’équipements, dont 3 écoles, 1 collège, 1 parc de 12 hectares (livré en 2013) incluant l’actuel Parc du Château de 2 hectares,
- 1 cité sportive notamment pour l’équipe « mythique » audonienne du Red Star actuellement hébergée dans un stade Bauer en quasi-ruine.
- Desserte du quartier par une amélioration des transports, notamment via le prolongement ligne 14 vers les Docks et de la ligne 4 au-delà de la porte de Clignancourt.

Sincèrement, je souhaite aux urbanistes et aux politiques de réussir, toutefois en tant que citoyenne et riveraine, j'estime aussi avoir le droit de m'interroger. Pas vous ?!

Les Docks, c’est aussi l’occasion de donner des preuves concrètes d’une coopération Grand Paris (Etat-Région-3 départements impactés) et d’une nouvelle ère d’ouverture dans laquelle seraient entrées les relations Paris-banlieue, banlieue rouge et démocratie participative, mixité sociale et clientélisme électoral.

1931330528.png La rencontre démarre par une intervention de Madame Prim, directrice du projet d’aménagement ZAC des Docks au sein de la Sodedat93, la société d’économie mixte retenue par le Conseil municipal pour aménager cette ancienne friche industrielle de 100 hectares

Madame Prim insiste d’abord sur l’enjeu urbanistique de ce quart de territoire de la commune de Saint-Ouen, nous rappelle qu’il
« est idéalement, aux frontières de Paris avec laquelle il partage 5 portes, mais aussi des voisines telles Asnières, Clichy-la-Garenne et Saint-Denis.»

La ville de Saint-Ouen a fixé 4 axes stratégiques de développement à ce projet qui coûtera 466 millions d’euros sur 18 années, dont 132,6 millions à la charge de Saint-Ouen et 60 millions d’autres
collectivités-subventions encore à trouver :
- renouer avec la Seine,
- réaliser un aménagement de haute qualité environnementale,

- structurer l’ensemble du territoire des Docks en lien avec les autres quartiers de la ville et avec l’enjeu régional du projet,
- réaliser un nouveau tissu urbain en développant une véritable mixité urbaine dans toutes ses dimensions.

Je vous le dis tout de suite, je ne suis pas sûre de vous nourrir de chroniques pendant 18 années… En attendant, je peux déjà vous livrer mes premiers doutes.947399395.jpg
« Renouer avec le fleuve », sera le plus difficile, vue qu’une voie rapide départementale, la RD1, constitue une barrière infranchissable entre la Seine et la ville. C’est un peu notre avenue Charles de Gaulle à nous, la verdure et les moulures de Neuilly en moins.

« Haute qualité environnementale » : dans le sens où les normes des fumées crachées par l’incinérateur de déchets sont conformes à la réglementation de 2003 (Docks_CharteTIRU.pdf) ?
A quand l’enquête sanitaire sur les cancers et autres bronchites des environs de l’usine
d’incinération des déchets et la publication des résultats des pollutions actuelles des sols ?
HQE, c'est l'ambition du projet Docks,
notamment en matière de gestion des déchets, de récupération des eaux de pluie, de création de pistes cyclables, d'après le dossier de presse et l'info communiquée, tout sera mis en oeuvre pour respecter l'environnement.
Pour infos, le budget prévisionnel de la ZAC prév
oit de consacrer 88,7 millions d'euros pour dépolluer un siècle d'industrialisation massive.

1255844382.png « Structurer l’ensemble en harmonie avec les autres quartiers de la ville », plutôt immeubles en briques rouges, pavillons et de nombreux grands ensembles parallélépipédiques-cubiques-gris (voir album photos ici), et dans le même temps « affirmer la singularité avec des projets architecturaux forts ».

Quand on voit la médiathèque tout béton blanc (ça change du gris…) en cours de construction et les premières esquisses des projets des Docks ci-contre, je ne suis pas sûre que nous partagions tout à fait les mêmes définitions de « signes forts et cohérents avec l’existant ».
Les goûts et les couleurs, vous me direz, c’est subjectif ou trop bourgeois, selon… ;-)

La mixité urbaine se fera donc avec l’existant, avec note positive, un « projet pour compacter l’usine CPCU » de chauffage urbain qui fonctionne avec l’énergie dégagée par l’incinérateur.
« Mixité urbaine ? » Je l’espère ardemment, et en même temps, qui, en dehors d’une population des plus modeste, voudra aller habiter aux pieds d’un incinérateur ?

Le futur quartier des Docks de Saint-Ouen doit être une chance pour la ville où j’ai choisi de m’installer en famille il y a 4 ans, à condition qu’il permette de « rééquilibrer vraiment » la ville.
Je m’explique : par exemple, utiliser les nouvelles constructions des Docks pour reloger certains mal-logés et détruire des grands ensembles vétustes et coûteux en entretien pour la collectivité audonienne et contribuer ainsi à créer une mixité urbaine et sociale partout, et pas uniquement dans un seul « nouveau » quartier.

167366861.jpgMais quel sera le « pouvoir réel » de la municipalité PC-PS de Saint-Ouen pour atteindre ses ambitions dans les Docks ?
Contrairement à la Mairie de Paris, Total, Nexity, Alstom-Areva ou encore Réseau Ferré de France (RFF), la mairie de Saint-Ouen n’est en effet propriétaire d’aucun des terrains de cette ancienne gare de marchandises construite en 1830, et qui a fait basculer le village d’agriculteurs et de villégiatures de la noblesse parisienne (Necker, Soubise…histoire ici) à une ville industrielle.
Les docks ouverts jusqu’à l'avenue Victor-Hugo, seront reliés en 1862 au chemin de fer de Ceinture de Paris, puis à la gare du Nord et a la gare de l'Est.
Avec l'industrialisation de la ville, Saint-Ouen passe de 3 300 habitants en 1861 à 30 700 en 1896 (43 000 hab en 2006 et 55 000 dans 20 ans..) et devient un faubourg industriel et populeux grâce a l'influence de Paris.
Comme quoi, Banlieue ou capitale, chacun a besoin de l'autre pour constuire son développement... ;-)

La majorité municipale audonienne dispose en effet d’« armes urbanistiques » :
- Création d’une ZAC (juin 2007) pour « ne pas livrer ce territoire à la seule loi des promoteurs et du marché immobilier ».
- Désignation de la Sodedat93 (société d’économie mixte du département
Docks_MethodoSodedat.pdf) comme aménageur. L’aménageur achète les terrains « bruts » aux propriétaires, les dépollue, les viabilise, puis les revend aux promoteurs.
- Le PLU révisé (règlement d’urbanisme qui contient différents documents qui précisent notamment les hauteurs, types de bâtiments…) devrait être approuvé en conseil municipal en mai 2009.
- Enfin, c’est la mairie qui accordera (ou pas) les futurs permis de construire.

1316874832.2.png Séquence émotion. Jacqueline Rouillon prend la parole à point et nous livre quelques explications.
Je ne partage pas nombreuses de ses idées, notamment sur les préemptions illégales, ou son goût pour l’architecture paralépidédique (sans dec', quand vont-ils comprendre que les immeubles avec des vrais toits c = joli ,), mais je suis touchée par sa sincère émotion et sa « fierté d’avoir avec Bertrand, depuis 5 ans, travaillé et mis fin à une ère d’indifférence, voire de mépris entre Paris et sa banlieue, pour ouvrir une ère d’écoute, de dialogue et de coopération avec la signature de la première convention en 2003.
»

Jacqueline Rouillon nous déclare :
- « vouloir le pari qu’il est possible de vivre en densifiant et de bien vivre »,
- « sa volonté de permettre à toutes les catégories sociales d’habiter aux Portes de Paris »,
- de « dépasser les inquiétudes du passé, mais relever les deux défis de la mixité urbaine et sociale ».

« Densifier », ça veut dire quelle hauteur concrètement ?

Des tours dans les Docks, des tours nouvelles qui ne rappeleront pas « les inquiétudes du passé » ça, on le saura pas.
Pourtant, Jacqueline nous annonce la construction de 1 100 logements dont 600 logements sociaux sur la « parcelle » de la Ville de Paris, alors quel est le COS (coefficient d’occupation des sols) ?
Ces logements seront-ils réservés aux Parisiens ? Qui garantira la mixité urbaine ? Combien d’accession à la propriété sur les 1 100 logements Ville de Paris, quand ont sait que Saint-Ouen ne comporte qu’à peine 20% de propriétaires occupants sur son territoire pour 44% de logements sociaux ?

« Un projet extraordinaire, qui doit permettre à tous de vivre avec plaisir et dignité », d’ailleurs Jacqueline nous rappelle qu’elle prend à cœur les difficultés rencontrées par les Rroms (cf. article VSD), mais aussi pour les Audoniens et le monde économique local.

Séquence émotion encore, quand Jacqueline remercie « Bertrand » et ses équipes « pour ce pas en avant exceptionnel pour Saint-Ouen, Paris et les villes voisines. »
Mea culpa, il y avait trop de photographes et dans la bousculade, j’ai loupé les séquences bises.

6992575.png Bertrand, prend enfin la parole pour rappeler sa « politique de rupture », et osera dire ce que Jacqueline n’a pas tenté : « rompre avec le mépris, l’arrogance de ses prédécesseurs ».
D’ailleurs, il est là « pour nous rendre des comptes sur la coopération signée depuis 2003 ».

Dans la réalité, en dehors de la tournée des poubelles à Paname 18, Bertrand ne nous donnera aucun détail sur les actions concrètes de la coopération Saint-Ouen/Paris.
Saint-Ouen est pour Bertrand « une ville attachante, voisine du 18e arrondissement. » D’ailleurs, sur les questions de propreté, exemple concret, le dispositif à Paris 18 a été revu, alors que ça ne figurait pas dans le protocole…

Bertrand n’est pas tendre avec la droite et envoie toute une série de coups, il faut le reconnaître assez pertinents : « Je suis très heureux de l’état d’esprit actuel, au lieu de se vendre, gagner du pognon, et on se barre ». Dites, il parle comme ça le maire de Paris quand il n’est pas en banlieue ?

Bertrand veut « faire naître un lieu commun, « parisien », avec une ambition sociale, écologique et économique ». D’ailleurs, il « réfléchit déjà à un lieu commun d’acceuil de la petite enfance. »
J’espère juste qu’il ne s’agira pas d’acceuillir des bébés-Parisiens dans la seule crèche prévue pour plus de 9 000 habitants à ce jour dans le projet Docks… Ne me croyez pas raciste, mais déjà qu’on récupère leurs morts, leurs 400 à 600 camions poubelles/jours, alors si en plus on a leur mioches… ;-))

Bertrand, stp si tu peux glisser à Jakot que les Audoniennes ont prévu de « consommer » leurs mariages avant la ménopause, et qu’il faudrait plus d’une crèche dans les Docks, sans oublier la maison de retraite, tu ne serais pas venu pour rien…

Bertrand, il s’est surtout déplacé pour faire la pub de Paris-Métropole.
Et là, alors, Bertrand il fait dans le body language, vas-y que je j'agite mes mains en grand moulinets. Je ne suis pas spécialiste en analyse gestuelle (cf. une ex émission télé), mais ça doit être intéressant à décrypter.

Le Maire de Paris a bien raison quand il dit « notre président, quand il était élu du 92 avant d’être président, ll ne s’intéressait pas beaucoup à la dynamique Grand Paris. »
Et pan ! 2e salve : « Mieux que les concours d’urbanisme, il faut soutenir le président du Syndicat de transports d’IdF (STIF, ie. Jean-Paul Huchon, également président PS de la région IdF) . La ligne 13, c’est pas des discours, mais des actes concrets tout de suite ».

3e salve finale : « les autres villes refusent de faire du logement social, pendant que Saint-Ouen en fait. Et bien, je propose que l’Assemblée Nationale vote une loi pour tripler les pénalités des villes qui ne respectent pas leur quota ».

Le meilleur, c’est pour la fin, et là je partage tout ce qui est dit
: « Le président du conseil général du 92 nous explique que Paris est égoïste et en même temps il déclare « je ne veux pas payer pour la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne» (cf. Déclaration P.Devedjian ici). Comment travailler ensemble, si on ne partage pas les richesses ? ».
Là Bertrand, je m’incline, tu as raison : moi aussi je suis pour la péréquation financière, une taxe professionnelle commune à Paname, aux Alto-Séquano (le 92), au 93 et au 94, un partage du logement social, bref le Grand Paris vision Philippe Dallier (cf. chronique Grand Paris ici).

Re-bise entre Bertrand et Jacqueline, re-loupage de photo pour moi.

Partager les richesses, et pas seulement les problèmes, j’espère que ce sera la réalité du futur quartier Docks de Saint-Ouen : il faudra attendre de voir le type de constructions pour être fixé.

884848944.png La prochaine étape, pour nous les riverains, c’est le démarrage du processus obligatoire d’information-concertation dans le cadre de la révision du Plan local d’urbanisme (PLU).
Une réunion publique se tiendra le 19 juin à Saint-Ouen, salle Barbara à 19h.
Ça promet d’être agité. La dernière fois, une maman avait lancé un appel du cœur : « On veut de la vrai herbe, du végétal et pas des espaces verts façon minéral.
»

Sans oublier, un collectif d’Audoniens (dont je fais partie) qui a organisé à la mano, une consultation citoyenne sur les Docks en distribuant plus de 2 000 questionnaires et urnes à travers toute la ville.
Bilan 657 questionnaires reçus, soit un taux de retour de 28% et de nombreux souhaits formulés (
Docks_ConsultCit_dec07.pdf). Pas mal, non ?! surtout quand on sait que le registre d'enquête publique préalable à la création de la ZAC des Docks, baladé à grand frais de velum à travers la ville, n'a receuilli que 65 commentaires...

Alors, nous habitants, riverains, seront-nous vraiment écoutés ? A défaut, nous continuerons à nous faire entendre...

@suivre donc.

© rédactionnel ZoralaRousse 93 pour chroniquesmabanlieue.com.

Cet article a été publié sur Agoravox (le média citoyen) et Naturavox le 10 juin 2008.
Rédacteur Agoravox

Webographie (Mise à jour le 10 juin à 12h)

Saint-Ouen.fr : le projet des Docks

L'Humanité.fr, 28 oct 06 : Saint-Ouen retrouve son fleuve la Seine

Paris.fr : Paris Métropole, coopération Paris-Saint-Ouen

Site web du Groupe TIRU

Site web du SYCTOM

20minutes.fr, 10 juin 08 : Paris et Saint-Ouen vont bâtir ensemble

Parisevous.fr, 9 juin 08 : Paris-Métropole, la ville de Paris et Saint-Ouen, lancent leur projet ambitieux

Le Parisien.fr, 10 juin 08 : Paris cède ses terrains à Saint-Ouen

Le Figaro.fr, 10 juin 08 : Paris, toujours plus haut


PRECISIONS HISTORIQUES ET PHOTOS

1877010119.jpgLes Docks sont nés le 25 mai 1830, inauguration officielle de la gare d’eau et du port de Saint-Ouen, à l’initiative de Séraci Lachaume (maire de 1826 à 1831) et d’un groupe de financier mené par Ardouin (qui a donc laissé son nom à la rue qui traverse toujours les Docks). Le projet fera de Saint-Ouen un port avant Paris, évitant ainsi de nombreux ponts aux bateaux.

Les docks ouverts jusqu’à l'avenue Victor-Hugo. Ils sont reliés en 1862 au chemin de fer de Ceinture de Paris, puis à la gare du Nord et a la gare de l'Est.
Saint-Ouen passe de 3 300 habitants en 1861 à 307 00 en 1896 (43 000 environ en 2006), grâce a l'industrialisation de la ville qui devient un faubourg industriel et populeux avec l'influence de Paris, même si les cultures représentent encore 50 % de la surface de la ville à cette époque.


La gare d’eau permet aussi au village de Saint-Ouen d’être relié à Paris par la route. Un bassin est en effet en communication avec la Seine par une écluse.
Les quais et les terrains entourant la gare peuvent accueillir les entrepôts, ateliers ou chantiers intéressés par les avantages du port. L’infrastructure nécessaire au développement industriel est ainsi créé et petit à petit, le quartier des Docks s’urbanise.
À proximité de la gare d’eau, s’installe notamment en 1848, l’usine de machine à vapeur Farcot (aujourd’hui Peugeot-Citroën).

1959238512.jpgEn 1860, l’exploitation d’une ligne ferroviaire traversant tout Saint-Ouen, permet d’approvisionner Paris et la proche banlieue, via notamment la gare Godillot.
Une industrie essentiellement métallurgique s’implante : des Docks agrandit sont inaugurés le 13 novembre 1864.
Grâce au raccordement des Docks au chemin de fer de la petite ceinture entre 1873 et 1888, l’activité de
production prend le pas sur celle de stockage autrefois dominante. En 1885, le bassin des Docks est comblé, seul le canal subsiste.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Docks perdront progressivement de leur importance. En 1968, le Conseil municipal décide de combler le canal et d’utiliser l’espace libéré pour l’installation de nouvelles activités industrielles. L’usine de traitement des déchets (aujourd’hui incinérateur TIRU) est installé en 1889 qui sera reconstruite en 1954.
La Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU) a édifiée la chaufferie de Saint-Ouen en 1958.

1637968014.jpg En 1917, une partie du parc du château (situé derrière les actuels Docks) est achetée par la société industrielle Thomson-Houston qui fusionnera ensuite avec l’Alsacienne de construction pour devenir Alsthom, puis Alstom et aujourd’hui Areva.
Les 50 jardins ouvriers encore debout
(38 parcelles ont déjà été détruites, les plus anciennes datant des années 20) de Saint-Ouen, toujours en sursis dans le cadre du projet Docks, se trouvent dans la parcelle Alstom-Nexity (voir galerie photos et plan ci-contre).

Aujourd’hui, seuls l’incinérateur et l’usine de chauffage urbain encore présents dans les Docks, nous rappellent ce passé industriel.
Une nouvelle histoire est donc à inventer tous ensemble : avec la municipalité, les Audoniens bien sûr, mais surtout avec les différents propriétaires des terrains (Nexity, Total, Ville de Paris, Réseau ferré de France…) qui, on peut l’imaginer, ne partageront pas toujours les mêmes objectifs.

 

Commentaires

Bonsoir,

et ben dites donc , vous n'aimez manifestement pas être traitée de bobo, mais vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère dans vos qualificatifs.

Ca fait vraiment super plaisir de vous lire, quand on est Rmiste, demandeuse de logement social à Paris, et je l'avoue extrêmement soulagée si on me proposait un logement à Saint-Ouen.

Paris "exporte ses pauvres ". Malheureusement, contrairement à vous qui êtes une "citoyenne " de votre quartier, qui faites partie de cette catégorie sociale qu'on invite aux Conseils de quartiers, et aux inauguartion, nous les "pauvres " ne sommes revendiqués par personne. Figurez vous ma chère Madame, que Mr Delanoe ne nous considère pas comme "ses " pauvres. J'ignorais quant à moi que le périphérique passé , nous étions en terre étrangère, également aétiquetés "pauvres " des autres.

Et après, on se plaint d'une émission de Capital qui présente sous un mauvais jour ces "bobos" qui passent le périphérique pour s'installer dans le 93. Exusez moi, Madame, mais Delanoe n'exporte-t-il pas également ses "classes moyennes ". Ah mais oui, j'oubliais, vous n'êtes pas un problème quand vous arrivez quelque part, vous vous enrichissez votre commune d'adoption, vous faites des blogs, vous vous investissez dans la vie culturelle et assiociative, vous donnez "une autre image " du 93. Nous n'est ce pas, quand on arrive quelque part, on compromet la mixité sociale, on "ghettoise ".

C'est moche, votre mépris même pas conscient, votre mépris ET la "bonne conscience " devrais je dire.

Je voudrais vous dire une petite chose, Madame: Saint Ouen et le 18ème, Aubervilliers et le 19ème, c'était les mêmes quartiers, une continuité. Oui, des quartiers pauvres, mais aussi des quartiers de lutte, de vie, d'une culture quipour ne pas être la vôtre n'en était pas moins une culture de combat.

Madame, je lutte dans un collectif de mal logés, et on se retrouve entre gens de saint ouen, d'aubervilliers, de paris 19 et 18. Et on a tous le même vécu, nos quartiers qui deviennent plus beaux, et un centre d'art contemporain par ci, et un parc magnifique par là , et des cinémas et des commerces. Et partout, le même problème: on nous force à partir et on erre d'un arrondissement à l'autre, du 75 au 93.

Et partout, on en crève, hébergés, à l'hôtel dans des logements que le proprio veut vendre. Et partout les maires de gauche nous expliquent doctement que le "quota" est déjà atteint, ben oui la loi SRU. On doit partir de Saint Ouen, de Pantin, du 19ème, du 18ème, ou on a grandi, ou on est chez nous. Pourquoi. Mias voyons, il ya déjà tant de pour cent de logements sociaux.

Et on nous jette Neuilly à la figure. Mais on ne veut pas aller à Neuilly chère Madame, c'est froid, c'est cher, c'est moche Neuilly. Et de toute façon, ce n'est pas Neuilly qu'on nous propose, c'est Evry, ou plus loin. on s'en fout des tant de pour cent, on est chez nous, à la fin.

Enfin, j'arrête là, vous devez me trouver déjà suffisamment agressive, et c'est injustifié, vous soutenez les mal logés , enfin les "vôtres ".

Une dernière chose, Madame. La mixité sociale, c'est finalement accepter qu'il y ait des riches et des pauvres de toute façon. Moi je suis pauvre et l'accepter, je ne peux pas, et je ne vois pas ce que ça changera pour moi de vivre avec des gens qui le sont moins. J'en connais, et je ne les trouve pas plus intelligents que les miens, ni moins. Moi je me bats pour la justice sociale, pour que des pauvres, il n'y en ait plus.

Utopique ? Mais qu'est ce que je pourrais espérer d'autre dans ma situation ?

Écrit par : nadia | 10 juin 2008

@ NADIA
Je partage votre votre colère et une grande partie de votre com'.

Quand je demande si Delanoé va continuer à exporter ses logements, c'est tout simplement pour mettre en avant le fait que la ville de Paris n'est pas capable aujourd'hui de créer les conditions d'une vraie mixité sociale.

Que diriez-vous, Nadia, si vous étiez demandeuse de logement social à Saint-Ouen et que l'on vous réponde : Nadia, ces logements là sont réservés aux Parisiens, parce que Paris préfère les loger en banlieue plutôt que dans ses beaux quartiers ?

Quant à moi, c'est bien parce que Paris était trop cher pour notre famille, que nous sommes partis vivre dans le 9-3. J'adorais mon quartier popu, celui de mon enfance et de celle de mes arrières grands-parents, très modestes venus d'Arras dans des logements sans salle de bains, ni chauffage.
Après 5 générations, tous locataires, obligés de partir.

Ma position est simple : je n'ai absolument rien contre le logement social, et je suis bien consciente qu'il en faut.
Je suis contre les ghettos, de riches comme de pauvres, mais pour une vraie mixité sociale.
Comme disait Michel Rocard, "on ne peut pas acceuillir toute la misère du monde, mais chacun doit y prendre sa part".

J'estime aujourd'hui que des villes comme St-Ouen, Aubervilliers ou Saint-Denis ont déjà pris une grande part, à d'autres maintenant d'assumer et Paris en premier, mais dans ses murs !

Écrit par : ChroniquesMaBanlieue | 10 juin 2008

une petite remarque amicale, il ne s'agit pas de 100 hectares de friches industrielles.

Il y a des activités, des maisons et groupes d'habitation.

Enfin, comment vont être traitées les problèmatiques environnementales, telle le passage des voies ferroviaires, par exemple, ou des collecteurs souterrains?

Écrit par : taquet | 10 juin 2008

bonjour

même si nous devrions tous avoir un peu t'auto-dérision, savoir rire de tout pour souffler un peu dans cette Vie déjà dure...

le "herself" de votre -le maire de Paris herself s’est déplacé- est quand même limite, associé à cet article où il n'apporte rien de particulier, sinon peut-être, montré votre mépris pour cet homme ? ...

dommage mais cordialement

moi

Écrit par : moi | 10 juin 2008

@ MOI
Himself (faute de frappe corrigée)

Même si je ne partage pas toutes les idées ou méthodes de Bertrand Delanoé et de son adjoint Pierre Mansat (chargé de la coopération et de l'intercommunalité), je les remercie de s'impliquer pour faire évoluer les relations Paris-banlieue.

à part ça, vous en pensez quoi du projet Docks ?

Écrit par : ChroniquesMaBanlieue | 10 juin 2008

C'est un faux débat qu'on te fait en commentaires zora..... Un débat idéologique uniquement mais dans les faits que nous soyons de gauche, du centre (comme moi), ou de droite unissons nous tous pour le droit au logement décent pour tous et notamment dans Paris intra muros et en proche banlieue.

Dans la grande banlieue, nous voyons arriver tous ceux qui ont fui paris pour la petite couronne il y a quelques années, cette petite couronne qui ne va ne rester accessible qu'aux classes moyennnes de plus en plus pauvres.
La grande banlieue est en voie de paupérisation... Je le vois à cergy. C'est cela vraiment le fond du problème. Mais personnellement je préfère vivre dans cette grande banlieue devenue multiculturelle ce qui est une vraie richesse et près de la campagne pour les balades le week end même si comme aujourd'hui jour de grève c'est la galère pour aller travailler à Paris. Je t'embrasse.

Écrit par : Martine | 10 juin 2008

Salut Valérie,
Merci pour les infos sur les docks...
Régis

Écrit par : Régis | 10 juin 2008

Bonjour, Valérie

bravo pour le topo Delanoe/ Rouillon !

Écrit par : Une audonienne | 11 juin 2008

Ce style "Be Yourself" peut parfois en choquer certains mais il a au moins l'avantage d'être Vrai et cela n'a pas de prix (sauf peut-être celui a accordé à ce blog).
Merci pour cette très Bonne Visite.

Écrit par : BV | 13 juin 2008

"le maire de Paris herself s’est déplacé dans mon coin de 9cube."

Quels sont les règles grammaticales du franglais ?
Doit-on faire l'accord avec le masculin ou est-ce la loi mathématique du 9 au cube qui prévaut ? Car ...

zora la rousse, zora belle et farouche
ta vie a un goût d'aventure
zora rebelle, zora l'espoir t'appelle,
toi la sauvageonne au coeur pur, au coeur pur.

pieds nus dans ta course
tu vas toujours vers la source
de la liberté
tu poursuis ton rêve
pour qu'un jour nouveau se lève
sur le monde entier

zora la rousse, ton lit est fait de mousse
et tu dors à la belle etoile
zora fidele, zora tu es de celles
accrochées à ton idéal, idéal.

toi tu vois la vie avec des yeux etonnés
toi tu mords la vie comme un fruit qu'on a volé
dents de loup et dents de lait
tu vas le partager.
tu sais bien demain le soleil sera plus beau
tu sais bien demain le reveil sera pus chaud
pour tous ceux qui ont ouvert la cage d'un oiseau

zora
zora la rousse, zora belle et farouche
ta vie a un gout d'aventure
zora rebelle, zora l'espoir t'appelle
toi la sauvageonne au coeur pur, au coeur pur

tu fuis dans ta course
tu vas toujours vers la source
de la liberté
tu poursuis ton reve
pour qu'un jour nouveau se lève
sur le monde entier

zora la rousse, ton lit est fait de mousse
et tu dors à la belle etoile
zora fidele, zora tu as des ailes
accrochées à ton idéal, idéal.

Écrit par : Thierry | 14 juin 2008

bonjour,
tout d'abord merci pour cet article bien écrit et très documenté!
Dans le cadre de mes études je m'intéresse au dossier de la ZAC des docks.
Vous parlez dans votre article du bilan financier prévisionnel de la ZAC mais je n'ai pas réussi à le trouver sur internet. Pourriez vous m'indiquer une adresse ?
d'autre part si vous avez d'autres documents ou liens je serai très intéressé
merci

Écrit par : louis | 17 juillet 2008

Bonjour,

"Paris exporte ses pauvres" oui c'est vrai. Mais "la banlieue dite rouge importe des pauvres" est tout aussi vrai.

Les édiles du 93, depuis des décénies, se sont ménagés des citadelles "populaires" imprenables. Ce sont eux qui ont mis en place une stratégie de concentration de la pauvreté. Ils sont les premiers responsable da la situation actuelle.

Le projet des docks est dans la droite ligne de ces pratiques. Si on veut de la mixité sociale à saint-Ouen, c'est à dire faire venir des classes moyenne, 40% de logements sociaux c'est trop.

Avec les nombreux handicaps que vous présentez si bien (Pollution, transports, problème d'image ...) et cette politique irresponsable, saint-ouen n'a pas vu le bout du tunnel.

Écrit par : jb_romain | 19 août 2008

tout d'abord merci pour cet article bien écrit et très documenté!
Dans le cadre de mes études je m'intéresse au dossier de la ZAC des docks.
Vous parlez dans votre article du bilan financier prévisionnel de la ZAC mais je n'ai pas réussi à le trouver sur internet. Pourriez vous m'indiquer une adresse ?
d'autre part si vous avez d'autres documents ou liens je serai très intéressé
merci

Écrit par : tn requin | 12 juillet 2010

Le projet des docks est dans la droite ligne de ces pratiques. Si on veut de la mixité sociale à saint-Ouen, c'est à dire faire venir des classes moyenne, 40% de logements sociaux c'est trop.cadre de mes études je m'intéresse au dossier de la ZAC des docks.
Vous parlez dans votre article du bilan financier prévisionnel de la ZAC mais je n'ai pas réussi à le trouver sur internet. Pourriez vous m'indiquer une adresse ?

Écrit par : requin tn | 05 novembre 2010

Toutes mes félicitations pour cet article!!
Il s'agit de l'un des plus cools et complets sur le thème qu'il m'ait été donné de lire.
Est ce que tu prévois d'en écrire de nouveaux sur ce sujet ?
A plus.

Écrit par : Achat appartement Grenoble | 03 décembre 2012

Ouais, et ça ne risque pas de s'arranger, les pauvres ça fait tache.

Écrit par : Meubles design | 04 décembre 2012

1300 nouveaux logements sociaux ?! La municipalité de paris manque de fonds pour des projets plus rentables, et Delanoe préfère ruiner les caisses de sa municipalité avec son projet de logements sociaux. Décidemment, les socialistes n'auront pa fini de me surprendre.

Écrit par : Marie | 06 décembre 2013

Les commentaires sont fermés.

 
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